The Outsider

Après Watchmen ou encore Sharp Objects, The outsider nous prouve une nouvelle fois le savoir faire d’HBO pour créer des mini-séries marquantes et réussies,après Gillian Flynn ou encore Alan Moore , c’est au tour de Stephen King d’être adapté sous ce format. Une adaptation d’un roman publié en 2018 seulement, et adapté par un Richard Price, déjà showrunner de l’excellente mini-série , The Night of.

Du beau monde derrière la caméra pour cette adaptation , mais aussi devant. C’est avec un réel plaisir que l’on suit l’enquête à travers les yeux de Ben Mendelshon qui échappe pour une fois au rôle d’antagoniste pour incarner un policier désabusé, n’arrivant pas à surmonter le deuil de son fils et surtout, ne croyant plus en rien. C’est à travers ce personnage que la série se démarque.

La dépression du personnage principal et son absence de deuil sera illustré par la performance de Mendelshon évidemment, mais aussi par le rythme lent et lancinant de la série. Le temps semble s’être arrêté autour des personnages qui ont perdu leur raison de vivre, l’incursion du fantastique sera pour eux un moyen de recommencer à croire, à tenter de donner un sens au monde et à accepter de recommencer à vivre.

Ce sera notamment le cas pour le personnage d’Holly Gibney qui lors de cette enquête, sera notamment une des premières à envisager l’aspect surnaturel de la menace, et laissera un autre personnage entrer dans sa vie malgré ses difficultés sociales. Mention spéciale à Cynthia Erivo qui l’incarne brillamment , tout en retenue et sans cabotinage ( ce qui est souvent le cas avec ce type de personnages).

The outsider se distingue par son mariage réussi de polar sombre et de fantastique, un mélange qui ne sied pas toujours et qui se retrouve au coeur de la série, en opposant notamment des personnages sceptiques à d’autres plus prompts à croire. Certains personnages refuseront même l’existence du surnaturel ,notamment le personnage de Glory Maitland. La série laissant pourtant peu de doute sur l’aspect surnaturel de la menace, en proposant dès le pilote une solution insoluble à résoudre par un raisonnement logique. Par la suite la série distillera son fantastique avec parcimonie mais toujours avec intelligence et sans effet tapageur.

Visuellement la série est de haute volée notamment dans les premiers épisodes réalisés par Jason Bateman qui multiplie les trouvailles visuelles pour illustrer le thème de la dualité , au cœur de la série. Citons aussi la participation à l’écriture de certains épisodes, Dennis Lehane, célèbre auteur de Shutter Island et de Mystic River notamment, c’est lors de ces épisodes que le rythme ralentit pour se concentrer sur le spleen des personnages. Cette gestion toute particulière du rythme on la retrouve lors de l’épisode final, qui, si il s’ouvre sur une scène de fusillade brillante de tension , n’hésite pas à ralentir le rythme à nouveau pendant toute la seconde moitié de l’épisode, pour apporter une conclusion solennelle, sans grand spectacle inutile, mais avec beaucoup d’intelligence et de cohérence.

On regrettera tout juste une scène post-générique dont on mesurera l’utilité et l’importance par la suite. Malgré cela , The Outsider est une réussite totale, autant visuelle que narrative et les résonances politiques du récit, sans jamais être au premier plan, sont suffisamment présentes pour faire réfléchir le spectateur. Un grand cru et la preuve que le King est toujours le King.

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