The Boys saison 1 : Super trash ?

Une nouvelle série de super-héros ? Oui mais cette-fois ci il s’agît d’une adaptation d’un comics de Gareth Ennis , un auteur habitué à l’irrévérence ( Preacher , The Punisher ) et produite par Seth Rogen et Evan Goldberg, le tandem déjà à l’origine de l’adaptation de Preacher. Une série qui aura trouvé son public en devenant notamment l’une des séries les plus regardés de la plateforme de streaming Amazon Prime Vidéo. Un succès qui s’explique par les nombreuses qualités intrinsèques de la série que l’on va développer ici.

Difficile de parler de The Boys sans évoquer la remarquable pertinence de la série, notamment en ce qui concerne le paysage cinématographique actuel et surtout l’omniprésence des super-héros sur les écrans.Désormais après plus de dix ans de MCU et d’autres productions super-héroïques ( quelles soient cinématographiques ou télévisuelles ), les super-héros font désormais aussi partie de notre quotidien tout comme dans The boys. D’abord genre décrié et réservé aux nerds, les super-héros compte désormais parmi les plus grandes succès cinématographiques de ces dernières années et le succès récent d’Avengers Endgame porte cette réussite à son apogée.

A l’instar de The boys, où les super-héros , en plus de leurs actions super-héroïques ( bien encadrées ) apparaissent dans des films dédiés à leurs personnages en les incarnant eux mêmes, les acteurs du MCU semblent parfois aussi piégé par leurs personnages en dehors des films où ils les incarnent. Vaught apparaît alors comme la parfaite métaphore de Marvel qui recrute des héros pour les faire intégrer un univers commun où l’interaction sera privilégiée pour le plus grand plaisir des fans. Les super-héros apparaissent alors comme de super-influenceurs soucieux de respecter une image correspondant aux desiderata des annonceurs. The boys file la métaphore en présentant la multiplicité des productions mettant en scène des super-héros avec notamment des séries télé pour les super-héros les moins connus de l’empire Vaught tandis que les autres héritent des grosses productions.

 

 

Si la série de comics écrite par Garth Ennis oscille entre hommage et pastiches de l’histoire des comics, la série elle choisit de proposer une satire des super-héros à travers son propre médium en évoquant les films de super-héros plutôt que de parodier les comics, le propre d’une adaptation réussie en somme. Une leçon que Zach Snyder aurait peut être pu retenir lors de son adaptation de Watchmen, en proposant une vision terminale et sans concession des super-héros au cinéma en 2007 soit aux balbutiements de l’ère des super-héros au cinéma, le film manque parfois de pertinence et surtout rate le coche de proposer une adaptation qui casse les codes de son médium le cinéma, tout comme Alan Moore et Garth Ennis l’on fait par le passé.

 

Solidement écrite, The Boys tient la route visuellement et propose sont lot des scènes spectaculaires sans jamais être cheap. Tout juste regrettera t-on un léger manque d’audace concernant la mise en scène de certaines scènes d’action qui, compte tenu du ton et du propos de la série, pourrait aller encore plus loin, autrement dit : un plan séquence à la Daredevil ne serait pas de refus pour une saison 2. Mais la qualité véritable de cette série réside dans son casting absolument impeccable, Karl Urban est aussi savoureux que son accent en mercenaire dégénéré et sans jamais verser dans la caricature. Mais la véritable révélation est Antony Starr qui incarne avec intelligence le Protecteur, personnage fascinant et terriblement inquiétant, sorte d’enfant gâté capricieux et naïf , mais surtout surpuissant.

 

Vendue comme une série cynique et trash, The boys reste toujours aussi intelligente et pertinente dans son rapport à la violence, et donc au côté supposément trash de la série. Car oui évidemment face aux productions grands public du MCU, The boys détonne par son utilisation de la violence et du sexe , deux éléments souvent absent des productions super-héroïques mis à part quelques exceptions qui se veulent justement à la marge ( Watchmen, Super, etc … ). Mais dans sa subversion The boys reste mesuré , la violence n’apparaît jamais sans raison et n’est jamais là pour donner un côté cool et badass aux personnages où même à la série en elle même. Ici la violence délimite des rapports de force.

 

La principale thématique de The boys concerne des enjeux de pouvoir, et les conséquences d’un pouvoir sans limites. La représentation de la mort de la compagne d’Hughie est très graphique car dans cet univers les super-héros ont le droit de détruire des corps, de les déformer et ce, en toute impunité. Chaque explosion de violence est la simple conséquence d’un excès de pouvoir d’un super-héros. Dès lors, l’enjeu principal du groupe de mercenaires mené par Billy « The butcher » sera d’atteindre les corps des super-héros et de trouver le moyen de les blesser, de renverser ce rapport de force.Lorsque Hughie se retrouve recouvert des restes de Translucide comme il fut par le passé recouvert des restes de sa compagne, il renverse ce rapport de force .Il peut désormais blesser les super-héros et c’est ce qu’il cherchera à faire durant tout le reste de la série.

 

Bien plus qu’une série trash donc , The boys est une révélation rafraichissante dans le paysage super-héroïque actuel déjà très chargé. Ce Watchmen cynique et rigolard est à prendre au sérieux tout comme son récit qui n’oublie jamais ses personnages et leurs enjeux, à côté de ces salauds surpuissants existent de vraies personnages , touchants et justes. Mention spéciale à Simon Pegg qui incarne avec justesse un père lambda et résigné. Vivement la saison 2 !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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